CHAPITRE XII. 3g7
souffert du passage de l’armée française, dans les districts dePayerne, Avenches et Morat.
Une des principales mesures que prit le gouvernement helvé-tique fut l’abolition des droits féodaux, dîmes et lods, ces derniersnon sans quelque bénéfice de rachat. Malheureusement l’impôt desfortunes ne put être décrété plus tôt, ou du moins en même temps.Le trésor public se trouva épuisé par cette suppression subite , parles contributions aux armées françaises, l’extinction des dettes desanciens gouvernements et parles nombreuses indemnités qu’il fallutaccorder. Ainsi paralysé dans ses ressources, le gouvernement sevit hors d’état non seulement de fonder de nouveaux établisse-ments, mais encore d’entretenir les anciens.
Les ennemis du nouvel ordre de choses surent habilement pro-fiter de toutes ces circonstances pour exciter des troubles.
Les cantons démocratiques, dont les populations naïves, braveset attachées à leurs coutumes , séquestrées par les Alpes dureste de la terre, étaient encore restées étrangères aux idées dujour, hésitaient à adopter la nouvelle constitution. Le clergé ca-tholique et les familles qu’avaient enrichies le service des rois,surent habilement asseoir, sur ces dispositions, un système d’au-torité, qui contrastait singulièrement avec l’esprit et même avecles formes de la démocratie pure.
La réaction choisit ce terrain, jusqu’alors respecté par la guerre,pour y arborer ouvertement l’étendard de la révolte.
Des curés ignorants subjuguèrent, par l’ascendant delà religion,l’intelligence de ces pâtres ingénus, leur représentant la révolu-tion comme une attaque audacieuse contre le culte et ses ministres,la constitution comme un formulaire hérétique, les nouvelles au-torités comme entachées de jacobinisme, le serment qu’on exigeaitd’eux comme un acte sacrilège *. Parmi ces fougueux apôtres de
1 Der schweizerische Republicancr. X 0 du 18 Avril 1798. Tillier. Gcschichte lierlielvet. Republik , loin. I.