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TROISIÈME PARTIE.
fut rien; et à peine deux mois s’étaient écoulés qu’ils firent unenouvelle levée de boucliers dans les petits cantons. Cette fois, cefut le serment civique qui leur en fournit le prétexte. Il était for-mulé ainsi : « Nous jurons de servir la patrie, la cause de la li-berté et de l’égalité, en bons et fidèles citoyens, avec toute l’exac-titude et tout le zèle dont nous sommes capables et de vouer àl’anarchie une baine légitime. » Le croirait-on ? Les prêtres trou-vèrent encore dans cette patriotique formule un cas de conscienceet une atteinte à la religion. Ils appelèrent une seconde fois sur cescontrées encore fumantes tous les désastres de la guerre. Le clergédeNidwalden et les conventuels de St. Gall, réfugiés en Allemagne,se firent remarquer par leurs vociférations, et, parmi les évêquesqui se proclamaient les interprètes du St. Siège, cet organe infail-lible en matière de foi, celui de Constance permettait le serment,celui de Bâle le défendait et menaçait d’excommunication ceux quile prêteraient.
Voici le mandement rendu à ce sujet par l’évêque de Lausanne :Jean-Baptiste Odet,
Par la grâce de Dieu et du St. Siège apostolique, Évêque deLausanne, etc., etc.
Au Clergé séculier et régulier et à tous les fidèles de notre Dio-cèse salut et paix en N. S. Jésus-Christ.
» Plus d'une fois, nos très-chers frères, nous avons déjà été» requis par l’autorité civile de vous rassurer contre la crainte où» vous étiez de perdre votre religion. Nous sommes encore re-» cherché de le faire aujourd’hui, où la prestation prochaine du» serment civique renouvelle vos craintes et vos alarmes. Rassurez-» vous donc encore une fois, N. T. C. F., puisque, vu la promesse» qu’ont faite les généraux français, que la religion de nos pères» nous serait conservée, vu la réserve faite pour sa conservation» et manifestée dans toutes les paroisses à l’époque de l’acceptation» du projet de constitution, vu la même réserve renouvelée par