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LE RIIIN.

étudier un fort bel escalier extérieur, dallé de pierre etcharpenté de bois, qui monte à la vieille maison, appuyésur deux arches surbaissées et couvert d’un toit-auventà arcades en anse de panier. Le temps m’a manqué pourle dessiner. Je le regrette; c’est le premier escalier de cegenre que j’aie vu. Il m’a paru être du quinzième siècle.

La cathédrale est une noble église commencée au qua-torzième siècle et continuée au quinzième. On vient dola restaurer d’une odieuse façon. Elle n’est d’ailleurs pasfinie. De ses deux tours projetées par l’architecte, uneseulement est bâtie. L’autre, qui a été ébauchée, cacheson moignon sous un appareil d’ardoise. La porte dumilieu et celle de droite sont du quatorzième siècle ; cellede gauche est du quinzième. Toutes trois sont fort belles,quoique d’une pierre que la lune et la pluie ont rongée.

J’en ai voulu déchiffrer les bas-reliefs. Le tympan de laporte de gauche représente l’histoire de saint Jean-Bap-tiste; mais le soleil, qui tombait à plomb sur la façade,n’a pas permis à mes yeux d’aller plus loin. L’intérieur del’église est d’une composition superbe. 11 y a sur le chœurde grandes ogives trilobées à jour du plus bel effet.A l’abside, il ne reste plus qu’une verrière magnifique etqui fait regretter les autres. On repose en ce moment, àl’entrée du chœur, deux autels en ravissante menuiseriedu quinzième siècle; mais on barbouille cela de peintureà l’huile, couleur bois. C’est le goût des naturels du pays.A gauche du chœur, près d’une charmante porte sur-baissée avec imposte, j’ai vu une belle statue de marbreà genoux d’un homme de guerre du seizième siècle, sansarmoiries ni inscription d’ailleurs. Je n’ai pas su devinerle nom de cette statue. Vous qui savez tout, vous l’auriezfait. De l’autre côté est une autre statue ; celle-là porteson inscription, et bien lui en prend, car vous-même vousne devineriez pas dans ce marbre fade et dur la figuresévère de Bénigne Bossuet. Quant à Bossuet , j’ai grand’-peurquela destruction des vitraux ne soit de son fait. J’aivu son trône épiscopal, d’une assez belle boiserie en styleLouis XIV avec baldaquin figuré. Le temps m’a manquépour aller visiter son fameux cabinet à l’évêché.

Un fait étrange, c’est que Meaux a eu un théâtre avant