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une jeune fille de quinze à seize ans qui est partout et quimène merveilleusement cette grosse machine, tout entouchant par moment du piano. L’hôte son père — est-ceune exception? — est un fort brave homme. Somme toute,c’est une auberge excellente.
Hier donc, comme je vous l’écrivais au commencementde ma lettre, j’ai quitté Sainte-Menehould. De Sainte-Menehould à Clermont, la route est ravissante. Un vergercontinuel. Des deux côtés de la route un chaos d’arbresfruitiers dont le beau vert fait fête au soleil, et quirépandent sur le chemin leur ombre découpée en chicorées.Les villages ont quelque chose de suisse et d’allemand .Maisons de pierre blanche, à demi revêtues de planches,avec de grands toits de tuiles creuses qui débordent lemur de deux ou trois pieds, presque des chalets. On sentle voisinage des montagnes. Les Ardennes , en effet, sont là.
Avant d’arriver au gros bourg de Clermont, on parcourtune admirable vallée où se rencontrent les frontières dela Marne et de la Meuse . La descente dans cette vallée estmagique. La route plonge entre deux collines et l’on nevoit d’abord au-dessous de soi qu’un gouffre de feuillages.Puis le chemin tourne, et toute la vallée apparaît. Un vastecirque de collines, au milieu un beau village presqueitalien, tant les toits sont plats, à droite et à gaucheplusieurs autres villages sur des croupes boisées, desclochers dans la brume qui révèlent d’autres hameauxcachés dans les plis de la vallée comme dans une robe develours vert, d’immenses prairies où paissent de grandstroupeaux de bœufs; et, à travers tout cela, une jolierivière vive qui passe joyeusement. J’ai mis une heure àtraverser cette vallée. Pendant ce temps-là, un télégraphequi est au bout a figuré les trois signes que voici :
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Tandis que cette machine faisait cela, les arbres bruis-saient, l’eau courait, les troupeaux mugissaient et bêlaient,le soleil rayonnait à plein ciel, et moi je comparais l'hommeà Dieu .
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