un autel à Pont-le-Roi ; Voltaire a eu un tombeau à Romilly .
Vous le voyez, l’histoire locale de toutes ces villeschampenoises, c’est l’histoire de France ; en petits mor-ceaux, il est vrai, mais pourtant grande encore.
La Champagne garde l’empreinte de nos vieux rois. C’està Reims qu’on les couronnait. C’est à Attigny que Charlesle Simple érigea en sirerie la terre de Bourbon. SaintLouis et Louis XIV , le saint roi et le grand roi do la race,ont fait tous les deux leurs premières armes en Cham-pagne ; le premier en 1228, à Troycs, dont il fit lever lesiège; le second, en 1652, à Suinte-Menehould, où il entrapar la brèche. Coïncidence remarquable, l’un et l’autreavaient quatorze ans.
La Champagne garde la trace de Napoléon . Il a écritavec des noms champenois les dernières pages do sonprodigieux poème, Arcis-sur-Aube, Châlons, Reims , Cham-paubert, Sézanne, Vertus, Méry, la Fèrc, Montmirail .Autant de combats, autant de triomphes. Fismes, Vitry etDoulevant ont chacune eu l’honneur d’être une fois sonquartier général, Piney-Luxembourg l’a été deux fois,Troyes l’a été trois fois. Nogcnt-sur-Seine a vu en cinqjours cinq victoires de l’empereur, manœuvrant sur laMarne avec sa poignée de héros. Saint-Dizier en avait déjàvu deux en deux jours. A Brienne, où il avait été élevé parun bénédictin, il faillit être tué par un cosaque.
Les antiques annales de cette Gaule belgique qui estdevenue la Champagne ne sont pas moins poétiques queles modernes. Tous ces champs sont pleins de souvenirs;Mérovée et les francs, Aétius et les romains, Théodoric etles visigoths; le Mont-Jules, le tombeau de Jovinus; lecamp d’Attila près delà Cheppe; les voies militaires deChâlons, de Gruyère et de Warcq; Voromarus, Caracalla ;Éponine et Sabinus; l’arc des deux Gordiens, à Langres , laporte de Mars à Reims ; toute cette antiquité couverted’ombre parle, vit et palpite encore, et crie du fond desténèbres à chaque passant : Sla , vialor! L’antiquité cel-tique. bégaie elle-même son murmure inintelligible dansla nuit la plus sombre de cette histoire. Osiris a été adoréà Troyes ; l’idole Borvo Tomona a laissé son nom à Bour-bonne-les-Bains; et, près de Vassy , sur les effrayants bran-