CfïALONS. — S‘« MENEIIOULD. — VARENNES. 41
cliages de cette forêt de Der où la Haute-Borne est encoredebout comme le spectre d’un druide, dans les mystérieusesruines de la Noviomagus Vadicassium, la Champagne a saPalenquè .
Depuis les romains jusqu’à nous, investies tour à tourpar les alains, les suèves, les vandales, les bourguignons etles allemands, les villes champenoises bâties dans lesplaines se sont laissé brûler plutôt que de se rendre àl’ennemi. Les villes champenoises construites sur desrochers ont pris pour devise : Donec moveantur. C’est lesang de toute la vieille Gallia comata, le sang des cattes,des lingons, des tricasses, des catalauniens, par qui futvaincu le vandale, des nerviens, par qui fut battu Syagrius,qui coule aujourd’hui dans les veines héroïques du paysanchampenois. C’était un champenois que ce soldat Bertèche,qui, à Jemmapes, tua de sa main sept dragons autrichiens.En Ù51, les plaines de la Champagne ont dévoré les huns;si Dieu avait voulu, en I 8 IZ 1 , elles auraient dévoré lesrusses.
Ne parlons donc jamais qu’avec respect de cette admi-rable province, qui, lors de l’invasion, a sacrifié la moi-tié de ses enfants à la France . La population du seuldépartement de la Marne , en 1813, était de 311,000 habi-tants; en 1830, elle n’était encore que de 309,000. Quinzeans de paix n’avaient pas suffi à la réparer.
Donc, pour en revenir à l’explication que j’avais besoinde vous donner, quand on l’applique à la Champagne , lemot bête change de sens. Il signifie alors seulement naïf,simple, rude, primitif, au besoin redoutable. La bête peutfort bien être aigle ou lion. C’est ce que la Champagne aété en I 8 IZ 1 .