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Ce carillon, qui m’eut réveillé, les a endormis. Je pré-sume que nous devions être à Fumay, mais la nuit étaittrop obscure pour rien distinguer. 11 m’a fallu donc passer,sans rien voir, prés des magnifiques ruines du châteaud’Hierches et de ces beaux rochers à pic qu’on appelle lesDames de Meuse. De temps en temps, au fond d’un pré-cipice plein de vapeur, j’apercevais, comme par un troudans une fumée, quelque chose de blanchâtre; c’était laMeuse .
Enfin, comme les premières lueurs de l’aube paraissaient,un pont-levis s’est abaissé, une porte s’est ouverte, la dili-gence s’est engagée au grand trot dans une espèce de longdéfilé formé à gauche par un noir rocher à pic, et àdroite par un édifice long, bas, interminable, étrange, enapparence inhabité, percé de part en part d’une multitudede portes et de fenêtres qui m’ont semblé toutes ouvertes,sans battants, sans volets, sans châssis et sans vitres, melaissant voir à travers cette sombre et fantastique maisonle crépuscule qui étamait déjà le bord du ciel de l’autrecôté de la Meuse . A l’extrémité de ce logis singulier, il yavait une seule fenêtre fermée et faiblement éclairée. Puisla voiture a passé rapidement devant une grosse tour d’unfort beau profil, s’est enfoncée dans une rue étroite, atourné dans une cour; des servantes d’auberge sontaccourues avec des chandelles, et des garçons d’écurieavec des lanternes; j’étais à Givet .