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Lli IUIIN.
Rhin dans le très confortable Gasthaus zurLilie. Là on estentre le Chat et la Souris. A sa gauche on a la Souris àdemi voilée au fond de l’horizon par les brumes du Rhin ;à sa droite et devant soi, le Chat, robuste donjon enveloppéde tourelles, lequel, au haut de sa colline, occupe le som-met d’un triangle dont le pittoresque' village de Saint-Goarshausen, qui en fait la base au bord du Rhin , marqueles deux angles avec ses deux vieilles tours, l’une carrée,l’autre ronde. — Les deux châteaux ennemis se guettentet semblent se jeter des coups d’œil foudroyants à traversle paysage; car, lorsqu’un donjon est en ruine, sa fenêtreregarde encore, mais avec ce regard hideux d’un œilcrevé.
En face, sur la rive droite, et comme prêt à mettre leholà entre les deux adversaires, veille le spectre colossaldu château-palais des landgraves de Hesse, le Rheinfels .
A Saint-Goar, le Rhin n’est plus un fleuve; c'est un lac,un vrai lac du Jura fermé de toutes parts, avec son encais-sement sombre, son miroitement profond et ses bruitsimmenses.
Si l’on reste chez soi, on a toute la journée le spectacledu Rhin , les radeaux, les longs bateaux à voiles, les petitesbarques-flèches et les huit ou dix omnibus à vapeur quivont et viennent, montent et descendent, et passent àchaque instant avec le clapotement d’un gros chien quinage, fumants et pavoisés. Au loin, sur la rive opposée,sous de beaux noyers qui ombragent une pelouse, on voitmanœuvrer les soldats de M. de Nassau en veste verte eten pantalon blanc, et l’on entend le tambour tapageur d’unpetit duc souverain. Tout près, sous sa croisée, on regardepasser les femmes do Saint-Goar avec leur bonnet bleuciel pareil à une tiare qui aurait été modifiée par un coupde poing, et l’on entend rire et jaser un tas de petitsenfants qui viennent jouer avec le Rhin . Pourquoi pas?Ceux de Tréport et d’Étretat jouent bien avec l’océan. Aureste, les enfants du Rhin sont charmants. Aucun d’euxn’a cette mine rogue et sévère dos marmots anglais , parexemple. Les marmots allemands ont l’air indulgent commede vieux curés.