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l’empereur Yas; et encore pour les chinois l’empereurn’est-il pas un homme, c’est un être fantastique dont laréalité disparaît sous les titres bizarres dont ils l’affublent.Ils ne connaissent pas sa nature, car ils l’appellent le Dra-gon; ils ignorent son âge, car ils l’appellent Dix-Mille-Ans ; ils ne savent pas son sexe, car ils l’appellent la Mère.Mais que vais-je faire en Chine ? Je reviens àLorch. Par-donnez-moi l’enjambée.
Le premier vin rouge du Rhin s’est fait à Lorch. Lorchexistait avant Charlemagne et a laissé trace dans deschartes de 7312. Henri 111, archevêque de Mayence , s’yplaisait et y résida en 13Z|3. Aujourd’hui il n’y a plus àLorch ni chevaliers romains, ni fées, ni archevêques ; maisla petite ville est heureuse, le paysage est magnifique, leshabitants sont hospitaliers. La belle maison de la renais-sance qui est au bord du Rhin a une façade aussi originaleet aussi riche en son genre que celle de notre manoirfrançais de Meillan. La forteresse fabuleuse du vieux Siboprotège le bourg, que menace de l’autre rive du fleuve lechâteau historique de Fursteuberg avec sa grande tour,ronde au dehors, hexagone au dedans. Et rien n’est char-mant comme de voir prospérer joyeusement cette petitecolonie vivace de paysans entre ces deux effrayants sque-lettes qui ont été deux citadelles.
Maintenant voici comment une de mes nuits a ététroublée à Lorch.
L’autre semaine, il pouvait être une heure du matin,tout le bourg dormait, j’écrivais dans ma chambre, lorsquetout à coup je m’aperçois que mon papier est devenu rougesous ma plume. Je lève les yeux, je n’étais plus éclairé parma lampe, mais par mes fenêtres. Mes deux fenêtress’étaient changées en deux grandes tables d’opale rose àtravers lesquelles se répandait autour de moi une réver-bération étrange. Je les ouvre, je regarde. Une grossevoûte de flamme et de fumée se courbait à quelques toisesau-dessus de ma tête avec un bruit effrayant. C’était toutsimplement l’hôtel P—, le gasthaus voisin du mien, quiavait pris feu, et qui brûlait.
En un instant, l’auberge se réveille, tout le bourg estsur pied, le cri : Feuer ! feuer! emplit le quai et les rues,