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XV
OU L’ON VOIT QUELLE EST LA FIGURE DE RHÉTORIQUEDONT LE BON DIEU USE LE PLUS VOLONTIERS
Le coq chanta une seconde fois. Son chant partait de labasse-cour du château. Ce coq, dont la voix venait de faireécrouler autour de Pécopin le palais plein de vertiges deschasseurs nocturnes, avait peut-être cette nuit même bec-queté les miettes qui tombaient chaque soir des mainsbénies de Bauldour.
O puissance de l’amour ! force généreuse du cœur, chaudrayonnement des belles passions et des belles années!A peine Pécopin eut-il revu ces tours bien-aimées, que lafraîche et éblouissante image de sa fiancée lui apparut etle remplit de lumière, et qu’il sentit se dissoudre en luicomme une fumée toutes les misères du passé, et lesambassades, et les rois, et les voyages, et les spectres, etl’effrayant gouffre de visions dont il sortait.
Certes, ce n’est pas ainsi, avec la tète haute et le regardenflammé, que le prêtre couronné dont parle le Spéculum,historiale émergea du milieu des fantômes après qu’il eutvisité le sombre et splendide intérieur du dragon d’airain.Et, puisque cette figure redoutable vient d’apparaître àcelui qui raconte ces histoires, il convient de lui jeter unemalédiction, et d’imposer ici un stigmate à ce faux sagequi avait deux faces, tournées l’une vers la clarté, l’autrevers l’ombre, et qui était à la fois pour Dieu le papeSylvestre II et pour le diable le magicien Gerbert .