LÉGENDE DU BEAU PÉCOPIN. 97
Vis-à-vis les traîtres et les personnages doubles, la haineest devoir. Tout parisien doit, en passant, une pierre àPérinet Leclercq, tout espagnol au comte Julien, toutchrétien à Judas , et tout homme à Satan.
Du reste, ne l’oublions pas, Dieu met invariablement lejour à côté de la nuit, le bien auprès du mal, l’ange enface du démon. L’enseignement austère de la providencerésulte de cette éternelle et sublime antithèse. Il sembleque Dieu dise sans cesse : Choisissez. Au onzième siècle,en regard du prêtre cabaliste Gerbert il plaça le chaste etsavant Emuldus. Le magicien fut pape, le saint docteur futmédecin. En sorte que les hommes purent voir sous lemême ciel, parmi les mêmes événements et à la mêmeépoque, la science blanche dans la robe noire et la sciencenoire dans la robe blanche.
Pécopin avait remis son épée au fourreau et marchait àgrands pas vers le manoir, dont les fenêtres, déjà égayéesd’un rayon de soleil, semblaient rendre à l’aube son sou-rire. Comme il approchait du pont, duquel il ne restequ’une arche aujourd’hui, il entendit derrière lui une voixqui disait : — Eh bien, chevalier de Sonneck, ai-je tenuma promesse?
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