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LE UIIIN.
lande; et Pierre Aspeld, qui couronna deux empereurs etun roi, Louis de Bavière, Henri VII et Jean de Bohême .Les armoiries, les manteaux héraldiques, la mitre, la cou-ronne, le chapeau électoral, le chapeau cardinal, les scep-tres, les épées, les crosses, abondent, s’entassent et s’amon-cellent sur ces monuments, et s’efforcent de recomposerdevant l’œil du passant cette grande et formidable figurequi présidait les neuf électeurs de l’empire d’Allemagne etqu’on appelait l’archevêque de Mayence . Chaos, déjà àdemi submergé dans l’ombre, de choses augustes ou illus-tres, d’emblèmes vénérables ou redoutables, d’où cespuissants princes voulaient faire sortir une idée de gran-deur et d’où sort une idée de néant.
Chose remarquable, et qui prouve jusqu’à quel point larévolution française était un fait providentiel et comme larésultante nécessaire, et pour ainsi dire algébrique, detout l’antique ensemble européen, c’est que tout ce qu’ellea détruit a été détruit pour jamais. Elle est venue àl’heure dite, comme un bûcheron pressé de finir sa be-sogne, abattre en hâte et pêle-mêle tous les vieux arbresmystérieusement marqués par le Seigneur. On sent, ainsique je crois l’avoir déjà indiqué quelque part, qu’elle avaiten elle le quid divinum. Rien de ce qu’elle a jeté bas nes’est relevé, rien de ce qu’elle a condamné n’a survécu,rien de ce qu’elle a défait ne s’est recomposé. Et observonsici que la vie des états n’est pas suspendue au même fil quecelle des individus; il ne suffit pas de frapper un empirepour le tuer, on ne tue les villes et les royaumes quelorsqu’ils doivent mourir. La révolution française a touchéVenise, et Venise est tombée; elle a touché l’empired’Allemagne, et l’empire d’Allemagne est tombé; elle atouché les électeurs, et les électeurs se sont évanouis. Lamême année, la grande année-abîme, a vu s’engloutir leroi de France , cet homme presque dieu, et l’archevêquede Mayence , ce prêtre presque roi.
La révolution n’a pas extirpé ni détruit Rome, parce queRome n’a pas de fondements, mais des racines; racinesqui vont sans cesse croissant dans l’ombre sous Rome etsous toutes les nations, qui traversent et pénètrent le globeentier de part en part, et qu’on voit reparaître à l’heure