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III.
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18 LE RHIN .

de Neckargemund , le formidable burgrave tomba tout deson long sur le pavé.

11 était mort.

Son fils ne put relever sa famille de l’excommunicationqu’en se croisant et en rapportant de la terre sainte latête du sultan, laquelle figure encore aujourd’hui au milieude l’écu d’un chevalier de pierre qui s’appelle Ulrich Land-schad, fils de Bligger, et qui dort étendu sur un tombeaudans l’église de Steinacli.

Cette famille est aujourd’hui éteinte.

Est-ce que ce n’est pas une belle histoire, Louis, et quivaut tout aussi bien la peine d’être racontée que les grandesbatailles et les mariages des rois? il faut pourtant ramassercela dans la mémoire du peuple. Les historiens dédaignentces détails. Ils disent que c’est petit; moi, je déclare quec’est grand. Ce sont des contes de bonnes femmes, ajoutent-ils; mais est-ce que vous connaissez rien de plus magni-fique et de plus terrible que les contes de bonnes femmes?Quant à moi, Homère me paraît si sublime, que je rangeP Iliade parmi les contes de bonnes femmes.

A ce sujet, Buchanan, que je feuilletais ces jours-cidans la bibliothèque de Heidelberg , fait un aveu naïf.Voici ce qu’il écrit à propos de Macbeth : Mulla hic fabu-lose ajfingunl; sed, quia lhealris aut fabulis milesiis suntapliorrt quarn hisioriœ, ea omitto. Ce que Buchanan metainsi entre deux parenthèses, c’est Shakespeare .

Le peuple d’ailleurs ne s’y méprend pas. Il aime le grand,et il aime les contes. Il exagère même volontiers les per-sonnages de ses légendes, et les place, par le grossisse-ment auguste des détails, au niveau des grands hommeshistoriques. La chronique ne se gêne pas plus que l’his-toire pour bouleverser toute la nature quand il s’agit de so-lenniser un de ses héros. Lorsque le laird écossais Dunwaldassa-sina, dans le château de Fores, le roi Duff, il y eut desprodiges, et le soleil se voila comme à la mort de César.

Tant que les narrateurs de ces grandes choses s'ap-pellent Hector Boëce ou Ilailes’s, ce n’est pas de l’histoire,ce sont des contes. Le jour où ils se nomment Homère ,Virgile ou Shakespeare , c’est plus que de l’histoire, c’estde l’épopée.