Band 
III.
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LE RHIN .

faire? où aller? Ici on ne me comprenait plus. Je les auraisbien suivis; mais la plupart étaient des fribourgeois quirentraient chez eux, et ils s’en allaient tous de différentscôtés. J’eus le déboire de les voir partir ainsi les uns aprèsles autres jusqu’au dernier, et au bout de cinq minutes jerestai seul sous la porte cochère. La voiture était repartie.Ici, je m’aperçus que mon sac de nuit, qui contenait nonseulement mes hardes, mais encore mon argent, avaitdisparu. Cela commençait à devenir tragique. Je reconnusque c’était là un cas providentiel; et, me trouvant ainsitout à coup sans habits, sans argent et sans gîte, perduchez les sarmates, qui plus est, je pris à droite, et je me misà marcher devant moi. J’étais assez rêveur. Cependant lesoleil, qui n’abandonne personne, avait continué sa route.Il faisait petit jour; je regardais l’une après l’autre toutesles maisons, comme un homme qui aurait bonne envied’entrer dans une; mais elles étaient toutes badigeonnéesen jaune et en gris et parfaitement closes. Pour touteconsolation, dans mon exploration fort perplexe, je ren-contrai une exquise fontaine du quinzième siècle, qui jetaitjoyeusement son eau dans un large bassin de pierre parquatre robinets de cuivre luisant. Il y avait assez de jourpour que je pusse distinguer les trois étages de statuettesgroupées autour de la colonne centrale, et je remarquaiavec peine qu’on avait remplacé la ligure en grès deIleilbron, qui devait couronner ce charmant petit édifice,par une méchante Renommée-girouette de fer-blanc peint.Après avoir tourné autour de la fontaine pour bien voirtoutes les figurines, je me remis en marche.

A deux ou trois maisons au delà de la fontaine, une lan-terne allumée brillait au-dessus d’une porte ouverte. Mafoi, j’entrai.

Personne sous la porte cochère.

J’appelle, on ne me répond pas.

Devant moi, un escalier; à ma gauche, une porte bâ-tarde.

Je pousse la porte au hasard ; elle était tout contre, elles’ouvre. J’entre, je me trouve dans une chambre absolu-ment noire, avec une vague fenêtre à ma gauche.

j’appelle :