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III.
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LE RIIIN.

sculpté dans la manière sinistre du douzième siècle, quiregarde les passants d'un air formidable. Ce serait un ef-frayant commandeur. Je ne me soucierais pas de l’entendremonter un soir mon escalier.

Cette grande nef, assombrie par les vitraux, est toutepavée do pierres tumulaires verdies de mousse; on useavec les talons les blasons ciselés et les faces sévères deschevaliers du Brisgaw, fiers gentilshommes qui jadis n’au-raient pas enduré sur leurs visages la main d’un prince,et qui maintenant y souffrent le pied d’un bouvier.

Avant d’entrer au chœur, il faut admirer deux portiquesexquis de la renaissance, situés, l’un à droite, l’autre àgauche, dans les bras de la croisée ; puis, dans une cha-pelle grillée, au fond d’une petite caverne dorée, on en-trevoit un affreux squelette vêtu de brocart d’or et deperles, qui est saint Alexandre, martyr; puis deux lugu-bres chapelles, également grillées et qui se regardent, vousarrêtent; l’une est pleine de statues, c’est la Cène, Jésus,tous les apôtres, le traître Judas ; l’autre ne contientqu’une figure, c’est le Christ au tombeau ; deux funèbrespages, dont l’une achève l’autre, le verso et le recto dece . merveilleux poème qu’on appelle la Passion. Des soldatsendormis sont sculptés sur le sarcophage du Christ.

Le sacristain s’est réservé le chœur et les chapelles del’abside. On entre, mais on paie. Du reste, on ne regrettepas son argent. Cette abside, comme celles de Flandre,est un musée, et un musée varié. Il y a de l’orfèvrerie by-zantine, il y a de la menuiserie flamboyante, il y a desétoffes de Venise , il y a des tapisseries de Perse, il y a destableaux qui sont de. Holbein , il y a de la serrurerie-bijouqui pourrait être de Biscornette. Les tombeaux des ducsde Zæhringen, qui sont dans le chœur, sont de très belleslames, noblement sculptées ; les deux portes romanes despetits clochers, dont l’une à dentelures, sont fort curieuses;mais ce que j’ai admiré surtout, c’est, dans une chapelledu fond, un Christ byzantin, d’environ cinq pieds de haut,rapporté de Palestine par un évêque de Freiburg . LeChrist et la croix sont en cuivre doré rehaussé de pierresbrillantes. Le Christ, façonné d’un style barbare, maispuissant, est vêtu d’une tunique richement ouvragée. Un