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III.
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FREIBURG EN BRISGAW.

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gros rubis non taillé figure la plaie du côté. La statue enpierre do l’évêque, adossée au mur voisin, le contempleavec adoration. L’évêque est debout : il a une fière figurebarbue, la mitre en tète, la crosse au poing, la cuirasse surle ventre, l’épée au côté, l’écu au coude, les bottes de feraux jambes et le pied posé sur un lion. C’est très beau.

Je ne suis pas monté au clocher. Frciburg est dominépar une grande colline presque montagne, plus haute quele clocher. J’ai mieux aimé monter sur la colline. J’aid’ailleurs été payé de ma peine par un ravissant paysage.Au centre, à mes pieds, la noire église, avec son aiguille dedeux cent cinquante pieds de haut; tout autour, les pi-gnons taillés de la ville, les toits à girouettes, sur lesquelsles tuiles de couleur dessinent des arabesques ; çà et là,parmi les maisons, quelques vieilles tours carrées de l’an-cienne enceinte ; au delà de la ville une immense plaine develours vert frangée de haies vives, sur laquelle le soleilfait reluire les vitres des chaumières comme des sequinsd’or; des arbres, des vignes, des routes qui s’enfuient; àgauche, une hauteur boisée dont la forme rappelle lacorne du duc de Venise ; pour horizon, quinze lieues demontagnes. Il avait plu toute la journée; mais, quand j’aiété au haut de la colline, le ciel s’est éclairci, et une im-mense arche de nuages s’est arrondie au-dessus de lasombre flèche toute pénétrée des rayons de soleil.

Au moment où j’allais redescendre, j’ai aperçu un sen-tier qui s’enfoncait entre deux murailles de rochers à pic.J’ai suivi ce sentier, et, au bout de quelques pas, je mesuis trouvé brusquement comme à la fenêtre sur une autrevallée toute différente de celle de Freiburg . On s’cn croi-rait à cent lieues. C’est un vallon sombre, étroit, morose,avec quelques maisons à peine parmi les arbres, resserréde toutes parts entre de hautes collines. Un lourd plafondde nuées s’appuyait sur les croupes espacées des montagnescomme un toit sur des créneaux ; et, par les intervalles descollines, comme par les lucarnes d’une tour énorme, jevoyais le ciel bleu.

A propos, à Freiburg , j’ai mangé des truites du Haut-Rhin, qui sont d’excellents petits poissons — et fort jolis;bleus, tachés de rouge.