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III.
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ZURICH .

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autant quils ont dédaigné? Qui sait tout ce quil y a dedouleurs poignantes dans les profondeurs muettes dudédain ? Quy a-t-il de plus révoltant que linjustice, et quoide plus amer que de recevoir une grande injure quand onmérite une grande couronne? Savez-vous si cet odieuxpetit livre dont vous riez aujourdhui na pas été officieu-sement envoyé en 1815 au prisonnier de Sainte-Hélène, etna pas fait, tout stupide quil vous semble et quil est,passer une mauvaise nuit à lhomme qui dormait dun siprofond sommeil la veille de Marengo et dAusterlitz? Nya-t-il pas des moments la haine, dans ses affirmationseffrontées et furieuses, peut faire illusion, même au géniequi a la conscience de sa force et de son avenir ? Apparaîtrecaricature à la postérité, quand on a tout fait pour luilaisser une grande ombre! Non, mon ami, je ne puis rirede cet infâme libelle. Quand jexplore les bas-fonds dupassé, et quand je visite les caves ruinées dune prison dau-trefois, je prends tout au sérieux, les vieilles calomniesque je ramasse dans loubli et les hideux instruments detorture rouilles que je trouve dans la poussière.

Flétrissure et ignominie à ces misérables valets des basses-œuvres qui nont dautre fonction que de tourmenter vivantsceux que la postérité adorera morts !

Si lauteur sans nom de cet ignoble livre existe encoreaujourdhui dans quelque coin obscur de Paris , quel châ-timent ce doit être pour cet immonde vieillard, dont lescheveux blancs ne sont quune couronne dopprobre et dehonte, de voir, chaque fois quil a le malheur de passersur la place Vendôme , Napoléon , devenu homme de bronze,salué à toute heure par la foule, enveloppé de nuées et derayons, debout, sur son éternelle gloire et sur sa colonneéternelle!

Depuis que javais fermé ce volume, tout sétait assom-bri; la pluie était devenue plus violente au dehors, et latristesse plus profonde en moi. Ma fenêtre était restéeouverte, et mon regard sattachait machinalement à la gro-tesque gouttière de fer-blanc qui dégorgeait avec furie unflot jaunâtre et fangeux. Cette vue ma calmé. Je me suis ditque, la plupart du temps, ceux qui font le mal nen ont paspleine conscience, quil y a chez eux plus dignorance et