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III.
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VÉVEY. — CIIILLON. — LAUSANNE . 133

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un peu de lumière par une lucarne ; le cachot intermé-diaire n’avait ni air ni jour. 11 y a quinze mois, on y estdescendu avec des cordes, et l’on a trouvé sur le pavé unlit de paille fine où la place d’un corps était encore mar-quée, et çà et là des ossements humains. Le cachot supé-rieur est orné de ces lugubres peintures de prisonniersqui semblent faites avec du sang. Ce sont des arabesques,j des fleurs, des blasons, un palais à fronton brisé dans le

style de la renaissance. — Par la lucarne, le prisonnierpouvait voir un peu de feuilles et d’herbe dans le fossé.

Dans une autre tour, après quelques pas sur un planchervermoulu qui menace ruine et où il est défendu de mar-cher, j’ai aperçu par un trou carré un abîme creusé dansla masse môme de la tour ; ce sont les oubliettes. Elles ontquatrevingt-onze pieds de profondeur, et le fond en étaithérissé de couteaux. On y a trouvé un squelette disloquéet une vieille couverture en poil de chèvre rayée de griset de noir, qu’on a jetée dans un coin, et sur laquelle j’avaisles pieds, tandis que je regardais dans le gouffre.

Dans une autre tour, il y avait une cave comblée. LordByron , en 1816, demanda la permission d’y faire des* fouilles. On la lui refusa sous je ne sais quels prétextes

d’architecte. Depuis on a déblayé le caveau. J’y suis des-cendu. C’est là qu’était la sépulture du duc Pierre deSavoie , qui fut un des grands hommes de son temps, etqu’on avait surnommé le petit Charlemagne (deux motsmal accouplés, soit dit en passant). L’an 1268, le duc Pierrefut descendu en grande pompe dans ce caveau. Aujour-d’hui le tombeau et le duc, tout a disparu. J’ai vu la vieilleporte pourrie du caveau, sans gonds et sans serrure,appuyée au mur sous le hangar d’une cour voisine; et il lne reste plus rien du grand duc Pierre que l’empreintecarrée du chevet de son sarcophage, arraché de la muraillepar les bernois.

^ Cette cour voisine était elle-même un cimetière où plu-

sieurs grands seigneurs savoyards avaient des tombes. Iln’y a plus maintenant qu’un peu d’herbe et un vieux lierremort autour d’une vieille poutre déchaussée.

Je n’ai pas pu visiter la chapelle, qui est pleine de gar-gousses. La chambre des ducs est au-dessus du caveau