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sépulcral. Les bernois en avaient mutilé les lambris, et enavaient fait un corps de garde. La fumée des pipes a noircile plafond de bois à caissons fleurdelysés et à nervuressemées de croix d’argent. L’ours de Berne est peint sur lacheminée. L’écusson de Savoie est gratté. On montre untrou dans le mur, où, dit-on, il y avait un trésor, et d’oùles gens de Berne ont tiré avec de grands cris de joie lesbelles orfèvreries de M. de Savoie. Le fait est que tous ces ^
merveilleux vases de Benvenuto et de Colomb ont dû faireun admirable effet en roulant pêle-mêle dans un corps degarde. Vous voyez d’ici le tableau. Si vous le faisiez, Louis,il serait ravissant. — La chambre était ornée d’une bellechâsse peinte à fresque dont on voit encore quelquesjambes et quelques bras. La fenêtre est une croisée duquinzième siècle assez finement sculptée au dehors.
La porte de cette chambre ducale a été arrachée aprèsl’assaut. On me l’a montrée dans une grande salle voisine,où il y a, par parenthèse, quelques tables curieuses et unebelle cheminée. C’est une porte de chêne massif doubléeavec des cuirasses aplaties sur l’enclume. Vers le bas de laporte est une ouverture ronde à biseau par laquelle passaitle bec d’un fauconneau. One balle bernoise a profondément *
troué l’armature de fer, et s’est arrêtée dans le chêne. Enmettant le doigt dans le trou on sent la balle.
La salle de justice est voisine de la chambre ducale.Figurez-vous une magnifique nef, plafonnée à caissons,chauffée par une cheminée immense, égayée par dix oudouze fenêtres ogives trilobées du treizième siècle, etmeublée aujourd’hui de canons, ce qui ne la dépare pas.
Toutes les salles voisines sont pleines de boulets, de I
bombes, d’obusiers et de canons, dont quelques-uns ont ;
encore la belle forme monstrueuse des derniers siècles. Onentrevoit par les portes entre-bâillées ces formidables ,
bouches de cuivre qui reluisent dans l’ombre. 1
Au bout de la salle de justice est la chambre de torture, £
A quelques pieds au-dessous du plafond, une grosse poutre i
la traverse de part en part. J’ai vu dans cette poutre lestrois trous par où passait la corde de l’estrapade.
Cette solive s’appuie sur un pilier de bois couronné d’un .charmant chapiteau du quatorzième siècle, qui a été peint
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