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III.
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CONCLUSION.

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hérissées avaient crû, comme la végétation d’épines et debroussailles qui obstrue les ruines, sur ses mots les plusdoux, les plus sonores, les plus harmonieux, les mieuxprononcés par les poètes. Le grec, en passant par la bouchedes turcs, en était retombé patois. Les vocables turcs,tourbe de tous les idiomes d’Asie , avaient troublé à jamais,en s’y précipitant pêle-mêle, cette langue si transparente,si pure et si splendide, langue de cristal d’où était sortieune poésie de diamant. Les noms des villes grecquess’étaient déformés et étaient devenus hideux. Les contréesvoisines, sur lesquelles Ilellé rayonnait jadis, avaient subila même souillure ; Argos s’était changée en Filoquia ; Delos en Dili , Didymo-Tychos enDimotuc, TzorolusenTchourli,Zephirium en Zafra , Sagalessus en Sadjaklu, Nyssa enNous-Sliehr, Moryssus en Moucious, Cybistra en Bustereh, lefleuve Acheloüs en Aspro-Potamos, et le fleuve Poretusen Pruth . N’est-ce pas avec le sentiment douloureuxqu’inspirent la dégradation et la parodie qu’on reconnaîtdans Stan-Ko, Cos, patrie d’Apelle et d’Hippocrate ; dansFionda, Phasélis , où Alexandre fut obligé de mettre unpied dans la mer, tant le passage Climax était étroit; dansHesen-now, Novus, où était le trésor de Mithridate ; dansSkipsilar, Scapta-Hyla, où Thucydide avait des mines d’oret écrivait son histoire; dans Temeswar , Tomi, où futexilé Ovide ; dans Kokso, Coutousos, où fut exilé saint Chry-sostome ; dans Giustendil, Justiniana, berceau de Justinien ;dans Salenti, Trajanopolis, tombeau de Trajan ! L’Olympe,l’Ossa, le Pélion et le Pinde s’appelaient le beylick deJanina ; un pacha accroupi sur une peau de tigre fronçaitle sourcil dans la même montagne que Jupiter. La dérisionamère qui semblait sortir des mots sortait aussi des choses :l’Étolie , cette ancienne république si puissante et si hère,formait le Despotat. Quant à la vallée de Tempé, frigidaTempe, devenue sauvage et inaccessible sous le nom deLycostomo, pleine désormais de haine, de ronces et d’ob-scurité, elle s’était métamorphosée en vallée des Loups.

L’idée terrible qu’éveille la barbarie faite nation, ayantdes flottes et des armées, s’incarnait vivante et complètedans le sultan des turcs. C’est à peine si l’Europe osaitregarder de loin ce prince effrayant. Les richesses du sultan,