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III.
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LE RHIN .

Deuxièmement, la profonde misère des classes infé-rieures. Quand tout est en haut, rien n’est en bas. LeChamp était aux seigneurs, par conséquent le blé, parconséquent le pain. Ils vendaient le pain au peuple, etle lui vendaient cher. Faute affreuse, que font toujourstoutes les aristocraties. De là des famines factices. Dutemps même de Charles-Quint , dans les hivers rigoureux,les pauvres mouraient de froid et de faim dans les ruesde Madrid . Or, profonde misère, profonde rancune. La faimfait un trou dans le cœur du peuple et y met la haine.Au jour venu, toutes les poitrines s’ouvrent, et une révo-lution en sort. En attendant que les révolutions éclatent,le vol s’organise. Les voleurs tenaient Madrid . Ailleurs ilsforment une bande ; à Madrid ils formaient une corpora-tion. Tout voyageur prudent capitulait avec eux, lescomptait d’avance dans les frais de sa route et leur faisaitleur part. Nul ne sortait de chez soi sans emporter labourse des voleurs. Pendant la minorité de Charles II , sousle ministère du second don Juau d’Autriche , le corrégidorde Madrid adressait requête à la régente pour la supplierd’éloigner de la ville le régiment d’Aytona, dont les sol-dats, la nuit venue, aidaient les bandits à détrousser lesbourgeois.

Troisièmement, la manière dont étaient possédés et ad-ministrés les pays conquis et les domaines d’outre-mer. Iln’y avait pour tout le nouveau monde que deux gouver-neurs, le vico-roi du Pérou et le vice-roi du Mexique ; etces deux gouverneurs étaient en général mauvais. Repré-sentants de l’Espagne , ils la calomniaient par leurs exac-tions et la rendaient odieuse. Ils ne montraient à cespeuples lointains que deux faces, la cupidité et la cruauté,pillant le bien et opprimant l’homme. Ils détruisaient lesprinces naturels du pays et exterminaient les populationsindigènes. Quant aux vice-royautés d’Europe , il y avait unproverbe italien. Le voici; il dit énergiquement ce quec’était que la domination espagnole : L’officier de Sicile ronge, l’officier de Naples m,ange, l'officier de Milan dévore.

Quatrièmement, l’intolérance religieuse. Nous reparle-rons peut-être plus loin de l’inquisition. Disons seulement