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III.
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CONCLUSION.

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ici que les évêques avaient un poids immense en Espagne .Des classes entières de regnicoles, les hérétiques et lesjuifs, étaient hors la loi. Tout clergé pauvre est évangé-lique, tout clergé riche est mondain, sensuel, politique,et par conséquent intolérant. Sa position est convoitée, ila besoin de se défendre, il lui faut une arme, l’intoléranceen est une. Avec cette arme il blesse la raison humaine ettue la loi divine.

Cinquièmement, l’énormité de la dette publique. Si richeque fût l’Espagne , ses charges l’obéraient. Les gaspillagesde la cour, les gros gages des dignitaires, les bénéficesecclésiastiques, l’ulcère sans cesse agrandi de la misèrepopulaire, la guerre des Pays-Bas, les guerres d’Amérique et d’Asie , la cherté de la politique secrète, l’entretien dessupports cachés qu’on avait partout, le travail souterrainde l’intrigue universelle, qu’il fallait payer et soutenir dansle monde entier, ces mille causes épuisaient l’Espagne . Lescoffres étaient toujours vides. On attendait le galion, et,comme écrivait le maréchal de Tessé, si quelque tempêtele fait périr ou si quelque ennemi l’emporte, toute chose estau désespoir. Sous Philippe III , le marquis de Spinola étaitobligé de payer de ses deniers l’armée des Pays-Bas . Il ya deux siècles, l’Europe , sous le rapport financier, ressem-blait à une famille mal administrée; les monarchies étaientl’enfant prodigue, les républiques étaient l’usurier. C’estl’éternelle histoire du gentilhomme empruntant au mar-chand. Nous avons vu que la Suisse vendait ses armées ; laHollande, Venise et Gênes vendaient de l’argent. Ainsi unprince achetait aux treize cantons une armée toute faite,les cantons livraient l’armée à jour fixe, Venise la payait;puis, quand il fallait, rembourser Venise , le prince donnaitune province ; quelquefois tout son état y passait. L’Espagne empruntait de tous côtés et devait partout. En 1600, leroi catholique devait, à Gênes seulement, seize millions d’or.

Sixièmement, une nation voisine, une nation sœur, pourainsi parler, ayant longtemps vécu à part, ayant eu sesprinces et ses seigneurs particuliers, envahie un beau ma-tin par surprise, presque par trahison, réunie violemmentà la monarchie centrale, de royaume faite province ettraitée en pays conquis.