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III.
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CONCLUSION. 217

gences, son égalité devant l’impôt respecte l’inégalité desfortunes.

A Venise , l’état vendait des offices, et, moyennantun droit qu’on appelait dépôt de conseil, les mineurs pou-vaient entrer, siéger et voter avant l’àge dans les assem-blées. — La France a aboli la vénalité des fonctions pu-bliques.

A Venise le silence régnait. — En France la parole gou-verne.

A Gênes , la justice était rendue par une rote toujourscomposée de cinq docteurs étrangers. A Lucques , la rotene contenait que trois docteurs ; le premier était podesta,le second juge civil, le troisième juge criminel; et non seu-lement ils devaient être étrangers, mais encore il fallaitqu’ils fussent nés à plus de cinquante milles de Lucques . —La France a établi, en principe et en fait, que la seule jus-tice est lajustice du pays.

A Gênes , le doge était gardé par cinq cents allemands; àVenise , la république était défendue en terre ferme parune armée étrangère, toujours commandée par un généralétranger; à Raguse , les lois étaient placées sous la protec-tion de cent hongrois, menés par leur capitaine, lesquelsservaient aux exécutions; à Lucques , la seigneurie étaitprotégée dans son palais par cent soldats étrangers, qui,comme les juses, ne pouvaient être nés à moins de cin-quante milles de la cité. — La France met le prince, le gou-vernement et le droit publicsous la protection des gardesnationales. Les anciennes républiques semblaient se défierd’elles-mcmes. La France se fie à la France .

A Lucques , il y avait une inquisition de la vie privée,qui s’intitulait conseil des discales. Sur une dénonciationjetée dans la boîte du conseil, tout citoyen pouvait êtredéclaré discole, c’est-à-dire homme de mauvais exemple,et banni pour trois ans, sous peine de mort en cas de rup-ture de ban. De là, des abus sans nombre. — La France aaboli tout ostracisme. La France mure la vie privée.

En Hollande, l’exception régissait tout. Les états votaientpar province, et non par tête. Chaque province avait seslois spéciales, féodales en West-Frise, bourgeoises à Gro-ningue, populaires dans les Ommelandes. Dans la province