32
ANClENPlE CONSTITUTIONqu’il n’eut bientöt transpire. Mais tel etoit l’ascen-dant du bourgmestre et de son parti, que per-sonne n’osoit s elever contre cette trahison. Les septcantons en ayant eu connoissance , envoyerent desdeputes ä Zürich. Le choix tomba sur des magistratsdistingues par leur reputation et par leur vertu; ilsse rendirent au Senat et lui reprocherent sa con-duite. Le bourgmestre, humilie et confus, eutrecours, mais en vain , ä des subterfuges. Les de -putes persisterent k demander la convocation duDeux-cents; et alors il fallut plier. Pendant la deli-beration du senat, les deputes avoient quitte lamaison-de-ville, ils rencontrerent nombre de ci-toyens sur la place, que leur arrivee avoit attires;ils les informerent de l’objet de leur mission ; leurexposerent le danger de cette alliance ; leur rappe-lerent la fidelite des cantons, les combats qu’ilsavoient livres avec eux et pour eux; leur amitie sibien eprouvee; et sur-tout la lächete qui les avoittous trahis. Ces discours firent impression, car ilest aise d’agiter les passions du peuple; cette foisc’etoit pour une cause juste et grande ; son enthou-siasme y repondit; des Hots de citoyens continuantä se precipiter vers la maison-de-ville, ces nou-veaux venus furent saisis des meraes sentiments.Le bourgmestre, intimide par le mouvement et letumulte du peuple, par ses cris, ses imprecations,assembla le Deux-cents. Les deputes y deposerentleurs plaintes, et demanderent que le traite avec leduc d’Autricbe fut annule, et les traltres punis. Le