44 AN CIENNE CONSTITUTION
contre l’irregularite de cette procedure. II demandaavec instance qu’on le fit comparoitre devant les de-putes des cantons, ou devant k commune de la ville.Mais l’innocence etlajustice netrouventpointd’accesaupres des factieux. II fut mis ä la question, il en sup.porta les cruelles douleurs avec un grand courage. Lesjuges ne pouvant l’ebranler, eurent recours ä de fauxteinoins, fouillerent dans le protocole des tribuns ,dans sa vie publique et privee, pour trouver tout cequi pouvoit agraver les accusations intentees contrelui. On le remit ä la question , qu’il soutint avec au-tant de fermete que la premiere fois. Enfin on le jetadans un cachot affreux sous terre ; cet avilissementle desespera, il pria qu’on lui accordät la vie et lagrace d’une prison perpetuelle. En otant ses ordresde chevalerie , il les couvrit de ses larmes. Cepen-dant le conseil des soixante, ce tribunal de sang,tremblant encore devant le Souvenir des vertus be-ro'iques du grand homme , fut presse de le juger.Durant la seance, trois liommes gagnes vinrent rap-porter que lärmet* de l’empereur avoit passe le Rhin,quelle portoit partout la desolation , qu’on avoit vuen llammes la ville d’Eglisau. Par cette indigne super-clierie les juges croyoient-ils justifier la sentence demort qu’ils alloient prononcer? Waldmann fut con-damne ä etre decapite. Son confesseur Errhard serendit aupres de lui pour lui annoncer l’arret de mort.
« A quel genre de mort suis-je condamne » de-manda Waldmann. Le confesseur emu , hesita ä luirepondre; il fut oblige de repeter la question; ct