BE ZÜRICH.
45
lorsqu’il apprit qu’il devoit etre decapite : « Dieu soit» loue, je niourrai tranquille ». II craignoit une peinede mort lente ou douloureuse. Ensuite il s’entretintpendant quatre heures avec son confesseur. Lorsquele signal de la cloche se fit entendre, il reprit sesdecorations, prit conge des assistants , et benit lesprisonniers ses amis, qu’il quitta avec emotion. DeuxCents hommes, choisis dans les tribus, l’escorterentjusqu’ä l’hötel-de-ville. Il arriva donc devant cethötel, oü peu d’annees auparavant il setoit presenteapres la victoire de Morat, en vainqueur suivi desacclamations de tout un peuple. Il remit les ordres ,dont il avoit ete decore sur le champ de bataille, äHenri d’Escher le plus ancien des cbevaliers.
On lut devant lui la sentence qui contenoit lesdifferents chefs d’accusation, produits contre lui, etdont la plupart etoient aussi faux qu’absurdes. Onl’accusoit d’avoir seduit des femmes honnetes, et ca-lomnie la vertu de quelques autres. On pretendoitqu’il avoit prete au roi de France un serment incom-patible avec la Constitution de l’Etat; qu’il avoit me-nace l’envoye du duc de Milan , de le faire arreter,si sa pension ne lui etoit pas payee; qu’il avoit altereles decrets du senat, et condamne ä mort par contu-mace Henri Goeldli, pendant l’absence du grandjuge imperial; qu’il avoit fait des Infractions auxloix constitutionnelles au prejudice de la noblesseet en faveur des tribuns. Il voulut se defendre, leconfesseur lui rappela sa promesse de garder le si-^ e nce, sacrifice par lequel il obtiendroit de Dieu le