go ORIGINE, ESPRIT ET DESTINEES
vingts cavaliers,quoiquemenaceeparles Autrichiens.
Avant que l’armee se mit en marche, cl’Erlach as-sembla les capitaines, pour se concerter avec cuxsur le temps de l’attaque et sur les operations: ceuxdes tröis cantons opinerent qu’il falloit aller a l’en-nemi sans delai, et combatti’e jusqu’ä la dernieregoutte de sang.
Un pretre nomme D. Baselwind adressa ä l’armeeces paroles: « L’ennemi est fier de ses forces; mais« Dieu abat l’arrogance du superbe, et benit la valeur« du foible. Saint Vincent et saint Urs sont morts« comme martyrs pour une cause juste; vous allez« combattre pour la patrie, et vous remporterez la« victoire ; ceux qui mourront pour cette cause, ob-« tiendront les recompenses duciel; ceux qui survi-« vront, la gloire et la liberte.»
Vers minuit l’armee s’ebranla, un beau clair delune eclaira sa marche; eile etoit composee dequatre mille Bernois, et de deux mille amis ou com-bourgeois. D. Baselwind la preceda avec le Saint-Sacrement. Les femmes et les enfants se rendirentsur les murs de la ville pour suivre des yeux leursepoux, leurs freres ou leurs fils : mais bientöt unecolline les cacha a leurs rcgards. 11s s’en retournerentle coeur emu, pour implorer au pied des autels laprotection divine, et y attendre dans une humbleconliance la decision de la grande journee.
D’Erlach arriva vers midi pres de Laupen , ildisposa son armee sur une colline, et en appuya ledos contro une foret assez etendue. En voyant cette