DE L’ARISTOCRATIE DE BERNE. Ql
poignee d’hommes, des Chevaliers ennemis sortirentde lenr rang, pour braver les Suisses par des deri-sions insultantes que leur esprit naif ne laissa passansreplique. D’Erlach futd’avis qu’il ne falloit pointemployer des developpements compliques, qu’enallant droit sur l’ennemi on deconcerteroit ses ma-nceuvres ; il anima le soldat par ses discours et sonexemple.
A la cavalerie ennemie, qui pouvoit prendre sonarmee en flanc ou au dos, il opposa les quatre-vingtscavaliers de Soleure , et les neuf Cents auxiliairesdes trois cantons; ils avoient demande ce posted’honneur. Il se mit ä la tete de l’infanterie placeeen face de l’ennemi; mais il en tira un corps d’elitede jeunesBernois ;« Souvent,leur disoit-il, je vous* ai vu briller aux festins, ornes de panaches et de« fleurs , y recliercher un vain honneur; aujourd’hui« c’est l’honneur de la pati'ie qui vous appelle ä sa« defense, voici sa banniere, voici d’Erlach.»Ce dis-cours enflamma l’enthousiasme de ces jeunes gens,ils J’entourerent, et promirent de vaincre ou demourir aupres de lui.
Le signal du combat ayant ete donne, les fron-deurscommencerent l’attaque, etpar cette manceuvrerompirent d’abord les rangs de l’ennemi: un corpsde guerriers monte sur des cliars de fer(i) prit part
(i) On doute que cette arme usitee par quelques an-ciennes nations ait cte employee par les Suisses a Laupen;cette circonstance n’est rapportee que par uri seul ecrivain •