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lirent entendre dans cette assemblee avide de sanrv;et dominee par les fureurs de la haine, celle deReding eclata , « Traitre , tu es vendu aux Zuricois.« — Non , je le suis aussi peu que toi, notre cause« me tient ä coeur autant qu’ä toi; j’ai j uge, selon« ma conscience, mon serment pour l’lionneur de«la patrie, avee un coeur qui est plus pur que le«tien, le sang innocent sera venge. — Scelerat,«tu es vendu ä l’Autriche ». — On commanda lesilence; mais les passions feroces fermentoient dansles coeurs. «Eh bien ! dit Reding , puisqu’on le
* veut, que les gens de Greifensee restent en vie ,
* mais les autres doivent mourir ». Quelques voixs’ecrierent: « Hypocrite , etanche ta soif du sang ,« acheve ton ouvrage , ou deviens homme. »
Landenberg, present a cette cruelle deliberation,dit d’une voix forte : «Eh bien! tue-moi, mais« mes braves soldats qu’ont-ils fait pour meriter la« mort ?» Ce conseil de sang etoit assemble dansune vaste prairie, il attira une foule de spectateurs;des vieillards a cheveux blancs courbes par les an-nees, peres des captifs , leurs meres tremblantes ,leurs femmes desolees; les sanglots et les prieres decette foule s’adresserent au ciel, et leurs larmesaux juges pour les flechir. On vit les femmes desvictimes, entourees de leurs innocents enfants, d’au-tres qui tenoient leurs nourrissons dans leurs brasou sur leur sein , plusieurs qui touchoient au mo-ment de devonir meres; ce spectacle n’emut point«es hommes feroces, il fut arrete ä la majorite que