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« Charles m’a fait; je le quitte pour rejoindre la« maison d’Anjou, ä laquelle j’avois ete attaclie dans<i ma jeunesse; je la servirai avec zele et fidelite;« mais je m’attends que le chäteau Commerey me« sera restitue. »
Les Suisses, instruits de cette desertion, refu-serent de combattre avec un traitre; ils declarerentau duc Rene , « que l’honneur de leurs armes et la« vertu de leurs ancetres le leur defendoient.» Cam-pohasso se posta au pont pres Buxieres-aux-Dames,pour en defendre le passage aux Bourguignons dansleur luite; il avoit laisse dans leur armee vingt sce-lerats determines , charges de l’instruire de tout cequi s’y passoit, et d’y jeter le trouble et le desordre.Deux Suisses bannis de leur pays pour quelquesdelits , servoient dans l’armee de Charles ; ils sen-tirent des remords et la quittorent, se rendirent äl’armee des Suisses, demanderent etobtinrentgracedes generaux, et contribuerent au succes dela jour-nee. L’armee des Suisses etoit rangee en ordre de ba-taille pres d’un etang. L’avant-garde etoit comraan-dee parle Chevalier Iierter, qui ä la bataille de Morats’etoitcouvertdegloire, etdontl’experience etlesta-lentsavoient inspire une grande confiance: ily avoitdans ce corps Oswald de Thierstein, ä la tete de lacavalerie allemande , la noblesse de Lorraine et labanniere de Vaudemont. Le duc Rene conduisit legrand corps de l’armee, monte sur le meme chevalde bataille qu il avoit äMorat, portant l’ancien uni-forme de Lorraine et le manteau ducal de drap d’or;