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grand matin entra dans son cabinet; mais commeil doutoit encore de la mort du duc Charles, il pritdes mesures pour en etre certain : s’en etant assure ,il assembla ses generaux et ses ministres, la leur an-nonca,et les invita ä un grand repas; ils affecterentde temoigner au roi l’interet qu’ils prenoient ä,cet evenement; mais ä travers leur dissimulation setrahissoit la crainte qu’ils eprouverent, que le roin’oppriniät ä l’avenir les grands et la noblesse Sansmenagement, ne trouvant plus ni asile ni protectionen Bourgogne.
La princesse Marie apprit ä Gand la perte de labataille; l’incertitude oü on la laissa sur le sort deson pere, la plongea dans les plus vives agitations.Elle etoit avec sa inere, ses parents les princes deCleve , et les ministres de son pere ; mais dans letrouble et la desolation, comment tenir avec assu-rance les renes de l’Etat ? La Bourgogne se vit enquelque Sorte abandonnee ä elle-meme. Dans lesvilles des Pays-Bas, l’esprit de parti et de libertedivisoit les habitants; la desunion regnoit dans lesetats, les fmances etoient epuisees, et la noblessetotalement ruinee. Les mesures du gouvernementn’annoncoient ni ordre ni fermete, et sa foiblesselui fit perdre la confiance et le respect. On vit cettegrande puissance toucher au moment de sa ruine.
Louis xx s empara de la Bourgogne comme d’un •lief tombe en forfaiture; il en nomma gouverneurle prince d Orange, le plus riche proprietaire dupa.ys. Les etats etoient assembles a Dole, et la no-.