DE BOURGOGNE. 4*3
Bourgogne, furent consideres et recus cömtne lessauveurs du pays ; ils voulurent engager le sieur deCraon, qui y commandoit les troupes du roi, ä fairecesser les hostilites, mais cet homme cruel ayantpris pour maxime que c’est par la cruaute et par laterreur qu’on rend les peuples obeissants, tout cequ ils purent obtenir de lui, ce fut de faire deca-piter les paysans qui avoient defendu le fort d’Oi-selet, au lieu de les faire pendre. Le sieur de Craoninstruit que ces deputes etoient cliarges de nego-cier une intervention entre le roi et la Bourgogne ,crut pouvoir par des procedes revoltants les en de-courager; il les traita avec hauteur, se permit des 'railleries offensantes,voulut leur en imposer par devaines bravades, mais il n’excita que leur rnepris ;"Waldmann le lui fit sentir et le menaca: Craonbaissa alors de ton, devint poli, mais les vainqueursde Charles dedaignerent cette feinte politesse, etprevirent des lors la reception qu’ils obtiendroientde la cour. Le roi savoit que l’opinion publique enSuisse etoitportee pourla Bourgogne; que l’enro-lement des six mille hommes n’avancoit point,qu’un tout autre esprit avoit regne ä la diete deZürich qu’ä celle de Lucerne. Les deputes furentrecus froidement, ils ne purent obtenir une au-dience du roi; on evita avec affectation de traiterd’affaires avec eux; les courtisans parieren t, d’urtton leger de la fidelite ? des Services ? et des victoiresdes Suisses : on leur fit bien quelques Jrelles pro-rnesses, on offrit meine de l’argent, mais ces hont-