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DES ANIMAUX DOMESTIQUES
l’ébauche d’un système d’assolement que le temps etl’expérience n’auront qu’à compléter.
Tel est le point ou l’industrie des bêtes à laine estparvenue, après une période d’un tiers de siècle. LaFrance possède aujourd’hui une masse considérablede troupeaux fins ou affinés; une partie même de cesespèces grossières s’est améliorée par l’exemple queles éducateurs de mérinos ont donné à tous les culti-vateurs. Des bergers plus entendus gouvernent cestroupeaux, leurs bergeries sont mieux disposées etl’agriculture a préparé des fourrages artificiels et desracines pour l’aliment de ces animaux.
Les fermiers ont donc appris, suivant le vœuqu’Young exprimait il y a cinquante ans, qu’on pou-vait faire de l’argent avec autre chose que du blé.
Mais en se livrant à l’affinement des troupeaux, lescultivateurs français étaient pour la plupart dans uneinexpérience complète des qualités intrinsèques quedevaient avoir les laines qu’ils s’efforcaient d’obtenir.Ils ignoraient les moyens de les perfectionner et man-quaient des points de comparaison qui leur auraientappris ce qu’ils ignoraient.
Ils manquaient même des renseignements que lesfabricants auraient pu leur donner à cet égard : carces mêmes fabricants, accoutumés qu’ils étaient à n’a-cheter leur laine qu’en Espagne, ne savaient la com-parer qu’à elle-même et ne distinguaient ce produitqu’autant qu’il avait été traité sous la forme à laquelleils étaient accoutumés par les envois qu’ils en rece-vaient. Ces fabricants se bornaient donc alors à dé-précier les laines indigènes, sans savoir motivermême leur dédain, et sans pouvoir apprendre aux