EN FRANCE.
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moins chargé de population, confiés aux soins d’unerace de pâtres plus patients que les Français, plusnaturellement pasteurs, plus enclins à donner lessoins que demandent les troupeaux, ont été gouvernésavec plus de méthode et de suite.
Partout dans ces grandes cavagnes on a fait ce quenégligeaient les Espagnols eux-mêmes, c’est-à-dire lechoix d’un troupeau d’élite, trié parmi les individusles plus fins et tenu à part du reste. Les animaux decette élite ont été seuls admis à fournir les béliers demonte; en sorte que les soins et l’hygiène les mieuxentendus, prodigués à ces troupeaux, sont parvenusà leur imprimer un seul et même type, dont la finesseet l’égalité des toisons étaient l’unique but ; car dansces régions la viande est trop abondante et de tropminime valeur pour entrer en comparaison avec celledes laines.
Ces mêmes laines étant destinées à être transpor-tées au loin par le commerce pour y chercher un em-ploi qu’elles ne sauraient trouver à proximité, nepouvaient se livrer en suint par les producteurs. Obli-gés de les préparer par un lavage, il les ont en mêmetemps assorties en primes, secondes et tierces; ensorte qu’elles arrivent aux fabricants d’Angleterre,de Belgique et de France sous la forme qui leur estla plus convenable.
L’industrie des mérinos en était à ce point, lorsqueles producteurs et les fabricants français ont récipro-quement senti qu’ils s’étaient placés dans de fauxrapports les uns vis-à-vis des autres. Les fabricantsen donnant une préférence marquée aux laines d’Al-lemagne sur les laines indigènes, et les producteurs