DU TERRITOIRE DE LA FRANCE.
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Mais il est à remarquer que les courants qui s’écou-lent des Alpes et des Pyrénées proviennent tous desfrontières du royaume: qu’ils ne font en quelque sortequ’en effleurer la superficie, en y apportant des allu-vions qu’ils dérobent à l’étranger, ou qu’ils enlèventà ses plus hautes et à ses plus inabordables limites.
Tout se passe autrement pour les courants qui pro-viennent des montagnes du centre, de celles du Jura,de la Bourgogne et des Vosges. Ceux-ci ont peu dechute; leurs sources sont divisées, et ce n’est qu’aprèsavoir réuni plusieurs ruisseaux qu’ils reçoivent unnom en débouchant de ces hauteurs. Ces courants,loin de creuser leur lit dans les plaines qu’une doucepente les appelle à parcourir, y promènent au con-traire leurs eaux presque à fleur du niveau des terres,en sorte qu’à chaque crue, elles les inondent sans lesdévaster ; et la lenteur de leur course et la douceurde leurs flots, permettent à ces courants de déposer leslimons dont ils sont chargés sur toutes les terres quitombent dans le domaine de chaque inondation.
C’est ainsi que se sont fertilisés tous ces bords de laLoire, de l’Ailier, de la Saône, de l’Yonne, de la Seine,de la Meuse et de toutes les rivières qui promènentleurs eaux tranquilles dans les bassins qu’elles ontformés jadis par la violence d’un des cataclysmes dontnotre globe a été le théâtre.
Ces bassins affectent la forme d’un triangle plus oumoins irrégulier, dont le sommet est appuyé là où lecourant prend son origine, et dont la base est le longdu rivage maritime où il vient aboutir. Ainsi, le paysse compose en quelque sorte de triangles, très irré-guliers, il est vrai, qui vont s’élargissant de l’intérieur