A l’agriculture DE LA FRANCK. 129
contraire, aligné leurs maisons le long d’une ruepavée, où elles sont contiguës ; en sorte que ces vil-lages ne sont que la triste répétition d’une ville, oùmanquent également l’animation qui en fait le mériteet l’effet champêtre qu’on aime à retrouver au séjourvillageois. Rien de tel n’en donne ici l’image : quelquesateliers de charronnage, quelques chétives boutiques,force débitants de boissons, des cafés, le domicile dumaire qu’on reconnaît aux placards qui couvrent saporte, et celui de l’officier de santé où l’on voit pendrela sonnette à l’aide de laquelle lesmalades dupays vien-nent troubler le repos de ses nuits. Au delà, et au sortirdu village, on arrête pour relayer devant le large por-tail de la poste royale,et tandis qu’on amène le mallierpercheron traîné à contre-cœur par sa longe pourprendre sa placeaubrancard,on entendla voix reten-tissante du maître de poste qui, du haut de son perron,gronde ses valets, ses postillons et ses chevaux.
Plus loin encore on rencontre au milieu des champsune vaste construction rurale, signal de la présenced’une grande propriété. Placée à quelque distance dela route, une voie charretière y conduit 5 de profondesornières en indiquent seules la trace ; ornières quirendent inutiles, dans une telle ferme, tout autre équi-page que la patache, et tout autre moyen de trans-port que celui des épouvantables charrettes, dont onse sert aussi bien à Paris que dans toute la région dunord, et qui semblent construite sur le modèle fait ausortir de l’arche. La civilisation dont cette région estle centre n’y a pas encore profité à l’amélioration siimportante des moyens de transport. On est plus avan-cé, à cet égard, dans le cœur du royaume. Quand tout le