A l’agriculture DE LA FRANCE. 191
jeunes plants, et les choisissant d’une essence diffé-rente de celle qui a disparu. Si elle consistait en chê-nes, il faut y mettre du plant d’orme, et si l’humiditéen avait fait périr les bois durs, il faut les remplacerpar de l’aune, en ayant le soin de faire cultiver pen-dant deux ans au moins ces replants en pommes deterre, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’ils soient assez fortspour dominer la repousse de l’herbe ou de la bruyère.
Ces améliorations ne demandent de la part despropriétaires d’autres efforts que de donner un peuplus de soins à leurs affaires. Cette conduite d’ailleurss’allie avec un régime politique dans lequel les grandsterriens ont intérêt à obtenir une considération pu-blique qu’on ne saurait acquérir dans les campagnesqu’en y donnant des preuves de sa capacité adminis-trative.
La valeur des bois se lie intimement, dans cette ré-gion, à l’industrie des fers, puisqu’elle y est le grandabsorbant du combustible. Deux circonstances ontmenacé cette industrie; savoir : le tarif des douanes etl’établissement des usines à houille.
Quelles qu’aient été les fautes et les pertes qui ontsignalé l’établissement de ces usines à houille, ellesn’en finiront pas moins par s’établir avec profit pourtous, par la raison que l’étendue du sol forestier nesaurait s’accroître ; il est au contraire probable qu’ellesera diminuée par la liberté qu’on ne tardera pas àrendre à son défrichement. La production de ce sol nesaurait non plus se multiplier à volonté, ainsi qu’il enest des prairies artificielles ou de telle autre cultureannuelle, parce qu’il faut de longues années au déve-loppement des bois; tandis que la consommation du