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Tome second.
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A l’aGRICULTFRF. RE I.A FRANCE. 257

fut très bon et aussi épais que celui de mes voisins,quoique les tiges fussent faibles et la paille très courte.11 me resta ainsi à disposer de 22 hectolitres, aprèsavoir ensemencé mes terres et satisfait, tant bien quemal, à dix mois de la nourriture de ma famille ; car ilfaut dire que je m’étais mis de plus de deux mois enavance de blé, et que j’entamai le nouveau dès lespremières gerbes rentrées de 1817. Ces 22 hectolitresfurent vendus au prix énorme de 50 fr., et produisi-rent 1,100 fr. Il en fut à peu près de même de l’avoine,qui rendit 83 hectolitres, dont je consommai 25 dansle ménage, tant en soupe qu’en pain ; j’en mis à part25 pour semer, et les 33 restant, vendus à 13 fr., m’envalurent 429.

Mais ces énormes rentrées furent encore dépasséespar celles de mes pommes de terre. J’en avais planté13 hectolitres et j’en recueillis 104, c’est-à-dire huitpour un. Après en avoir mis à part 13 pour la planta-tion future et 50 pour notre propre consommation,car elle fut cette année-là plus que doublée, soit par lesgens de la maison, soit par les soupes que nous don-nâmes aux pauvres affamés, j’en vendis 40 hectolitresan prix énorme de 18 fr., soit en tout 720 fr. Je lessupprimai au bétail et ne gardai qu'un jeune porc.

Je fis donc une recette de 2,220 fr. sur mes terresarables dans cette désastreuse année, singulier résul-ta! des compensations, soit des récoltes les unes parles autres, soit par les prix.

Quoique les sainfoins que j’avais semés sur mes dé-foneements n’eussent pas eu de succès, j’avais néan-moins achevé de terrer les cinq journaux que conte-nait la pièce, Je me déterminai à défricher les deux