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A L’AGRICULTURE DE LA FRANCE. 259
parce qu’on en mit au moulin dès la récolte, et queleur consommation dut pourvoir ainsi en partieau dé-ficit de l’année antérieure. Les fourrages furent abon-dants et pourvurent au défaut de paille dont on n’eutqu’une demi-récolte. Aussi fis-je ramasser cette annéeautant de feuilles qu’il me fut possible.
Le colza que j’avais semé eut un pauvre succès ; ce-pendant il donna de l’huile au-delà de notre consom-mation, mais c’était bien peu de chose sur l’étendued’un fort journal. Sans me décourager, je ressemai desuite du colza sur un chaume de blé retourné, pensantque ma faute avait été de le semer sur un défrichementde sainfoin, mais je reconnus plus tard que je m’étaistrompé ; car mon colza ne valut guère mieux, et je dusm’avouer que le terrain où je m’étais proposé d’établircette culture n’y était nullement propice et qu’il fallaiten chercher un autre.
L’abondance des céréales en 1818-19 en fit tom-ber les prix de manière à emporter le peu de bénéficeque donnait leur culture , et je me félicitai, à justetitre, d’avoir dirigé la mienne vers la production desfourrages, car, soit par la vente du foin, soit par l’en-graissement du bétail, j’obtins de meilleurs produitsqueje n’aurais pu le faire avec des céréales.
Mon premier projet pour me procurer du colzaayant échoué, j’en conçus un autre dont je voulus ten-ter l’essai. Je vous ai dit, monsieur, que la pièce deonze journaux sur le bord de laquelle j’avais enlevéles terres dont je m’étais servi pour amender meschamps, avait un sol frais , noir et profond. Je crusque cette nature de terre serait mieux appropriée à lasuccession des récoltes que j’avais pensé pouvoir éta-