260 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
Jjlir dans la pâture de cinq journaux , c’est-à-dire àcelles de pommes de terre, blé et colza, avec quel-ques retours de trèfle, pour mieux espacer ces pro-ductions et parce que la superficie me paraissait unpeu grande pour l’attribuer exclusivement à ces troisproductions.
Voici comment je crus devoir m’y prendre. J’avaisouï parler de l’écobuage ou brûlement des terres, et jel’avais vupratiquer moi-même. Quoique ce procédé nelût nullement pratiqué dans nos pays, j’imaginai pou-voir l’entreprendre. Le combustible était à ma portéeet ne manquaitpas, puisque je pouvais y employer lessous-bois et les ramilles de la forêt que j’exploitaismoi-même sur un terrain contigu.
Je fis couper et enlever des plaques de gazonet j’em-ployai des femmes et même des enfants à les retournerj usqu’àcequ’eliesfussentdesséchées,puisjememisavecdes ouvriers à monter les fourneaux, auxquels nousmettions le feu à mesure. Le travail fut long et médio-crement exécuté, parce que nous n’y étions nullementexperts. Cependant j’obtins beaucoup de charbon, unpeu de cendre et de terre briquetée, et après en avoirétendu les monceaux sur la superficie d’à peu prèsdeux journaux, je labourai et semai du blé.
Mais , à ma grande surprise , ce blé fut loin deréussir ; il s’égrena en grosses boupes sur le champ,laissant des vides entre elles; et la récolte, malgré labeauté des épis, fut très médiocre. J’essayai alors defumer ce chaume avant de le retourner, pour y semerdu colza. A\ec cette addition d’engrais, le colza végétad’une manière surprenante, et la récolte de ces deuxjournaux donna au-delà de 15 hectolitres.