270 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
abords du Montcenis, et l’imagination, en suivant in-volontairement les regards, passe plus promptementqu’eux jusqu’aux champs de l’Ilalie, en plongeantdans les détours de la vallée qui y conduit, champsillustrés par les siècles, les arts et l’histoire. La se-conde des vallées sur lesquelles se porte la vue mènejusqu’à Chambéry, que le flanc d’une montagne dé-robe néanmoins aux yeux. La troisième enfin ouvreun passage à l’Isère qui, après avoir baigné les rem-parts de Grenoble, coule, en tournant à l’ouest, jus-qu’à Valence, d’où elle va se verser dans le Rhône.
Dans ce trajet, de près de trente lieues, la voûtesuit le penchant des monts à mi-côtes, et sur la ligneoù sont construits les villages, des mûriers et desnoyers ombragent cette route, que dominent des vi-gnobles, et que rafraîchissent en été la chute de millepetites cascatelles, dont les eaux s’écoulent dans l’I-sère après avoir arrosé ses rivages. La pente qui s’é-tend de la route à l’Isère est entrecoupée par les fes-tons que forment les pampres de la vigne suspendueaux mûriers et courant d’un arbre à l’autre au-dessusdes moissons, des trèfles ou des chanvres. Des montsagrestes ou rocheux couronnent cette belle scène etcomplètent le tableau qu’elle présente.
Parvenu vers l’embouchure de l’Isère, on rentredans le bassin même que le Rhône s’est violemmentfrayé entre les montagnes des Cévennes et celles duDauphiné. Mais ce bassin est loin de ressembler à lavallée du Graisivaudan ; car ses bords sont escarpés,secs et ruinés. C’est à peine si le grand nombre desvillages parvient à en ranimer le rude aspect. Stérilepour toute autre production que celle de la vigne,