A L’AGRICULTURE DE LA FRANCE. 281
produira des résultats là où les communes ont de for-tes populations sur de petites superficies, parce quesa puissance y dominera facilement la résistance;mais dans des contrées telles que le Morvan, où desterritoires immenses relèvent de faibles et pauvrescommunes, elles ne sauraient pourvoir tout au plusqu’à la réparation des directions principales abou-tissant sur les grandes communications. Ce serait déjàbeaucoup et c’est pourquoi il n’en faudra pas moinsque les grands propriétaires accomplissent la répara-tion des communications qui conduisent de leurs fo-rêts sur ces routes vicinales.
Mais la percée et la mise en état de ces communica-tions et de ces chemins de vidange produisent au seindes forêts un efï'et qu’on ne se représente pas d’avance.Inabordables, sombres, ces bois ne sauraient être nirégulièrement gardés, ni soigneusement entretenus,ni bien aménagés, puisqu’on n’y saurait ni pratiquerles éclaircies convenables, ni opérer des repeuple-ments dont on ne peut souvent pas découvrir la néces-sité ni surveiller l’opération. Avec l’ouverture desroutes, ces bois perdent, il est vrai, une partie de cecaractère agreste qui plaît aux chasseurs parce qu’ily attire les animaux sauvages; ils prennent ainsi uneteinte de civilisation, et les bois en acquièrent le droitde participer à la marche de l’amélioration qui en estla compagne assidue.
Après les bois, le pâturage est la seconde des cul-tures dominantes dans le haut pays forestier placéentre le bassin de la Loire et celui de la Saône ; mais,excepté dans le Charolais, on ne saurait en faire unmérite aux cultivateurs, car ce n’est ni à leur intelli-