284 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLESprairies sont rares en Dauphiné, bien que celles qu’ony rencontre soient très productives, à cause de l’abon-dance des arrosements qu’on leur distribue, car, àmoins d’un tel secours, on ne doit pas, dans un sol etun climat semblables, se flatter de recueillir des four-rages naturels.
Dans la vallée de l’Isère, il faut ajouter à la culturedu mûrier et de la vigne, celle du chanvre, qu’on ysème en alterne avec le blé, le trèfle et les pommes deterre. Les filasses s’expédient dans les ports de merde Toulon ou de Marseille^ où elles sont tressées en câ-bles pourle service de la marine. Dans la haute régionalpestre des Alpes il n’y a d’autres grandes propriétésque celles des pâturages qui garnissent les sommitésdes montagnes ; mais les vallons y sont trop pauvres ettrop resserrés pour pouvoir nourrir en hiver les bes-tiaux que ces vastes pâturages peuvent alimenter pen-dant les mois d’été. Pour suppléer à cette insuffisance,ces communes sont dans l’usage de louer le superflude leurs herbages aux bergers transhumans de laBasse-Provence, qui y amènent, au printemps, lesgrands troupeaux de bêtes à laine que les plaines dela Crau et de la Camargue ont nourris pendant l’hi-ver. Le lit alors desséché de la Durance leur sert dechemin pour percer dans l’inextricable dédale queprésente le massif des Hautes-Alpes. Parvenus surleurs cimes, ces troupeaux trouvent, parmi les préci-pices et les rochers, des gazons courts, mais singu-lièrement frais et touffus, ce qu’on ne peut attribuerqu’à ce qu’ils reposent sur des bancs de tourbe quine semblent exister sur ces points culminants quepour offrir un sujet d’étude à la géologie. C’est un