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Tome second.
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286 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES

elle ne le prépare guère à le reproduire ; car rien n’estplus inculte que cette jachère. Il semble même queles cultivateurs craignent de retourner leurs guéretsavec trop desoins, afin de ne pas priver leurs bestiauxdu pâturage qu’ils y vont chercher. Aussi les moissonsy sont-elles partout entremêlées d’herbes et de char-dons, caractérisant ainsi l’agriculture d’une popula-tion forestière, dans laquelle on retrouve toujours lemême trait ; il semble que l’habitude de manier degrands végétaux lui inspire nous ne savons quel mé-pris pour les petites plantes qui croissent dans leschamps.

Au nord du bassin de la Loire, l’assolement esttrisannuel,etn’en est qu’un peu plus habilement traité,car les procédés en sont encore bien défectueux. L’as-solement bisannuel le remplace au midi de Nevers, etparaît avec l’usage des bœufs. La jachère y est sou-vent remplacée par le trèfle, qui figure ainsi entre deuxblés. Quelques cultivateurs agronomes ont adopté lesainfoin et l’emploient à l’engraissement des bœufs.

La Bresse est un pays à part, dont nous avons dé-crit le côté physique. Réuni à la France sous le règnede Henri IY, il avait reçu du Piémont, auquel il ap-partenait, un système et des procédés agricoles qu’ila soigneusement conservés, ainsi que des instrumentsaratoires hérités des Romains. L’araire y est sembla-ble à celui dont ils se servaient, la charrette à deuxroues est pareille à la voiture qu’on emploie encoreen Toscane, et la paire de bœufs qu’on y attelle estl’objet d’autant de prédilection qu’elle l’avait été autemps de l’antique Rome.

Le territoire, ondulé, comme nous l’avons dit, a été