A L’AGRICULTURE DE LA FRANCE. 287
changé en prairies partout où se présentent des en-foncements, tandis que les champs s’élèvent sur toutesles croupes et les pentes. Sur ces croupes sont aussiplacées les habitations. Leur apparence est mesquine;elles ne consistent qu’en des cadres de bois, qu’onremplit avec du torchis, et qu’on préserve par unelarge couverture en chaume. Sous ce chaume on trouvenéanmoins tout ce qu’il faut pour rendre la demeuredu villageois saine et commode.
Ces champs avaient, par leur inclinaison même,une pente générale ; mais non contents de cette pentepour écouler les eaux d’un sol argileux, les cultivateursont artistement formé, dans ces champs, des subdivi-sions de 10 à 20 ares, dirigées dans le sens opposé àla pente. Des deux extrémités de ces divisions ils ontrapporté, à plusieurs reprises, la terre des bords versle centre, de manière à y former un large ados, trèsprononcé, tandis que les deux fossés, courant dansle sens de la pente générale du terrain, reçoivent leseaux qu’y verse la double pente donnée au centre dela pièce par les rigoles qui séparent les petits adosformés par l’araire dans le sens transversal à la pente.L’humidité s’écoule ainsi de ces champs par deux sys-tèmes de rigoles et de pentes, dont l’une est naturelleet l’autre artilicielle. On alimente cette dernière tousles deux ans en relevant les terres qu’on retire desfossés latéraux, pour les reporter vers la sommité ar-tilicielle qu’on a donnée au champ.
L’araire, en façonnant, avec la finesse qui appar-tient à cet instrument, des ados dont la largeur n’estguère que d’un peu plus d’un mètre, achève, en assu-rant l’écoulemeiüt des eaux, de donner à la culture