A L’AGRICüLTüItE DE LA FRANCE. 389
duit en France n’en est moins affecté que les vins deBordeaux, soit parce que le tarif qui leur est applica-ble pèse moins sur eux, en raison de leur qualité,que sur aucuns de ceux du royaume, soit parce qu’ilséchappent plus qu’aucuns autres à ce droit, attenduque la majeure partie s’en exporte hors du royaume.
Ces plaintes devraient moins porter sur l’étrangerdepuis que l’Angleterre a réduit de beaucoup le tarifdes droits d’entrée qu’elle avait imposés aux vinsfrançais.
Ces plaintes devraient s’apaiser à mesure que l’ac-croissement des populations civilisées de l’Amérique,de l’Inde, et surtout du nord de l’Europe augmenteannuellement le nombre des consommateurs de vin deBordeaux.
Où peut donc s’en trouver la cause ? car nous n’ad-mettons pas que des doléances si vives puissent êtresans fondement. Or, nous croyons la trouver dans ceseul fait, que la matière première s’est accrue dansune proportion plus grande encore que celle des con-sommateurs. Cet accroissement doit avoir lieu, parcequ’on a dû faire dans cette région ce que nous avonssignalé partout, c’est-à-dire qu’on y a multiplié déme-surément le territoire du vignoble en implantant tousles points qui semblaient promettre une réussite à lavigne, et que, vers tous ces points, on a poussé la cul-ture de la vigne vers la plus forte production.
Mais il y avait dans cette extension à donner ici àla production vignicole un danger qui n’existait pasailleurs. Dans la Côte-d’Or, par exemple, le méritede tels ou tels crus est différencié par une étroitelimite, hors de laquelle le vin qu’on y récolte ne peut