396 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
nées où elle peut être surveillée sans beaucoup de frais,et d’où ses feuilles passent immédiatement dans les fa-briques du gouvernement à un prix fixé par lui assezhaut pour satisfaire les cultivateurs, et assez bas pourlaisser à la fabrication l’énorme bénéfice que le budgetréalise à son profit.
Le mérite de ce système consiste dans la simplicitéet l’économie de son exécution; en sorte que le pro-duit net de l’impôt s’élève,sans contredit, parce mode,plus haut que par nul autre, sans priver néanmoinsl’agriculture du royaume de toute la part des bénéficesqu’elle peut y trouver. Cette part, il est vrai, se dis-tribue par voie de privilège à un certain nombre decultivateurs, ce qui, sans doute, est contraire à l’espritgénéral de la législation qui régit la France. Mais l’es-prit de cette législation souffre encore d’autres excep-tions, et nommément celle qui interdit le défrichementdes bois à moins d’une autorisation du gouvernement.11 y a tout autant d’arbitraire dans cette interdictionque dans celle qui frappe la culture du tabac, et ce-pendant on l’a maintenue jusqu’ici par des motifsd’intérêt général.
Ceux, en revanche, qui ont combattu le monopoledu tabac auraient, par la liberté de sa culture et desa fabrication, réduit jusqu’à néant le produit de l’im-pôt en l’absorbant dans des frais de perception telle-ment mul tipliés qu’ils seraient devenus insupportablesà la population ; et cela en même temps que la multi-plication indéfinie de la culture du tabac aurait faittomber la valeur de ses feuilles au-dessous de leurprix de revient.