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lement à l’exercice de l’esprit)). Il cite à cesujet le quatrain de Pibrac :
Aime l’état tel que tu le vois estre :
S’il est royal, aime la royauté ;
S’il est de peu , ou bien communauté,
Aime-le aussi ; car Dieu t’y a fait naître.
« Ainsi parloit, continue Montaigne , ce bonmonsieur de Pibrac, que nous venons de per-dre , qui avoit un esprit si gentil, les opinionssi saines, les moeurs si douces » !
Les Lausannaises sont jolies, et ont cettenuance de coquetterie qui rend l’esprit aima-ble , sans altérer les moeurs. Mais ce qui ternitleurs agrémens, c’est l’amour du jeu qui a suc-cédé à celui du bel-esprit. Vous savez quel’aimable Pandore ne peut tenir des cartessans être tourmentée de vapeurs soporifi-ques 5 quand je lui représente la nécessité de seprêter à l’amusement des autres , elle me ré-pond qu’elle n’est pas plus maîtresse d’aimerle jeu, que Jean-Jacques n’est le maître d’ai-mer les visites, et moi les sermons.
L’affectation est le péché originel des Lau-sannais; ils affectent le luxe, la noblesse, l’es-prit : ils aspirent toujours à s’élever, à enflerleur exis tence aux yeux des autres. La noblesse
il.
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