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Tome second.
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lement à lexercice de lesprit)). Il cite à cesujet le quatrain de Pibrac :

Aime létat tel que tu le vois estre :

Sil est royal, aime la royauté ;

Sil est de peu , ou bien communauté,

Aime-le aussi ; car Dieu ty a fait naître.

« Ainsi parloit, continue Montaigne , ce bonmonsieur de Pibrac, que nous venons de per-dre , qui avoit un esprit si gentil, les opinionssi saines, les moeurs si douces » !

Les Lausannaises sont jolies, et ont cettenuance de coquetterie qui rend lesprit aima-ble , sans altérer les moeurs. Mais ce qui ternitleurs agrémens, cest lamour du jeu qui a suc-cédé à celui du bel-esprit. Vous savez quelaimable Pandore ne peut tenir des cartessans être tourmentée de vapeurs soporifi-ques 5 quand je lui représente la nécessité de seprêter à lamusement des autres , elle me ré-pond quelle nest pas plus maîtresse daimerle jeu, que Jean-Jacques nest le maître dai-mer les visites, et moi les sermons.

Laffectation est le péché originel des Lau-sannais; ils affectent le luxe, la noblesse, les-prit : ils aspirent toujours à sélever, à enflerleur exis tence aux yeux des autres. La noblesse

il.

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