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de nos bonnes pièces ; voilà pourquoi je m’at-tendrissois aux morceaux pathétiques, quandles gestes et le mouvement répondoient auxdiscours : mais j’ai vu, par cette expérience,qu’il y a peu de comédiens qui puissent sou-tenir une pareille épreuve ; et si j’écrivois mesremarques , je les humilierois singulièrement.Pour venir à l’appui de mon expérience, jevous dirai que l’auteur de Gilblas et de Turca-ret, le célèbre Lesage, étoit devenu si sourddans sa vieillesse, qu’il falloit, pour s’en faireentendre, mettre la bouche sur son cornet,et crier de toute sa force; cependant il alloit àla représentation de ses pièces , et n’en per-doit presque pas un mot : il disoit même qu’iln’avoit jamais mieux jugé ses comédies et lejeu des acteurs, que depuis qu’il ne les enten-doit plus. Je me suis assuré, par mon expé-rience, qu’il disoit vrai ».
Gibbon aime et loue beaucoup la douceur rla liberté, l’aisance qui régné dans les cerclesîle Paris , agrément inconnu à l’antiquité , etencore ignoré des nations modernes. «Heureuxeffet, dit-il, du caractère léger et aimable desFrançais . À Londres , les maisons s’ouvrentavec peine ; les liaisons se forment lentement :à Paris , on croit vous foire plaisir en vous re-