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cupées de science, l’étude n’émousse pas chezelles cette délicatesse de sentiment, ce tact finqu’elles ont reçu de la nature. Voilà pourquoije n’aime pas les femmes savantes ; ce sexe,doué de beaucoup d’esprit naturel, perd, parl’étude, en agrément, ce qu’il croit gagnerpar l’instruction. Le savoir, même chez leshommes , souvent obscurcit leurs lumières ;j’ai vu des femmes ignorantes raisonner avecplus de justesse que des philosophes, qui avoientétouffé leur esprit sous l’entassement de leurséludes. L’érudition la plus estimable est cellequi orne l’esprit sans affectation et sans effort,et je n’ai vu cette science que très-rarement etseulement chez les femmes ».Et moi j’ai ajouté :<( Chez madame de Saint-Omer ; c’est le derniercoup de pinceau qui doit finir votre portrait.Blanche ressemble beaucoup à son aimable tante.Elle est loin d’avoir encore ses connoissances;mais ses lectures sont des fleurs dont elle orneson esprit sans l’étouffer ; c’est la parure légèredes grâces ».
Voilà, ma chère tante, bien du verbiage;mais vous m’avez ordonné de vous communi-quer tout ce que je verrois , tout ce que j’en-tendrois, jusqu’à mes arrière - pensées, et j’o-béis : d’ailleurs, quand je vous écris, mon coeur